Dieuzaide_001Caravelle
Caravelle, embarquement immédiat   V. Peyraud, Monmarson-Fremont P  © Privat 2006 * Beau livre (cartonné).
Paru en 11/2006

L'industrie aéronautique française est entrée de plain-pied dans l'ère des jets grâce à Caravelle, un avion d'une élégance rare, d'une pureté aérodynamique exceptionnelle. Dix ans à peine après la Libération, le prototype Caravelle prend son envol à Toulouse-Blagnac. Cet évènement constitue un acte de foi, la ferme volonté de la France de se repositionner sur le marché mondial de l'aviation civile. Le puissant biréacteur prouve de manière éclatante que les ingénieurs français n'ont pas perdu la main et sont à nouveau capables d'innover. Dans cet esprit, Caravelle permet à la France aéronautique et industrielle tout entière de reprendre confiance, en même temps qu'elle séduit l'opinion publique, au point d'acquérir très rapidement une notoriété sans précédent. Loin des traités techniques ou de travaux d'historiens, cet ouvrage, doté d'une riche illustration, se veut plus simplement un hymne à ce très bel avion légendaire.
Et je me souviens, Mam m'y a aidé un peu, petits nous allions sur le toit de l'aérogare à Blagnac pour la voir décoller: Pa y  avait travaillé dessus, et avait apporté lui aussi sa pierre à l'édifice, comme bien d'autres ingénieurs au bureau d'étude! L'ancêtre des airbus A320 et autres...
BELLE CARAVELLE !

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Véronique Peyraud, hôtesse navigante à Air France, a volé dix ans sur Caravelle III et XII sous les couleurs d'Air Inter depuis 1981. Elle est aujourd'hui pilote privée.
Pascale Monmarson-Frémont, ancienne hôtesse de l'air, est aujourd'hui documentaliste au Musée Air France après plusieurs années au service des passagers sur Concorde.

Extrait du livre :
Au 1er janvier 1958, la France compte 44,3 millions d'habitants dont 11,4 millions ont moins de quinze ans. C'est dire le rajeunissement d'une population que fascine de plus en plus Y American way of life et qui rêve confort ménager, voitures et voyages en avion (en Caravelle bien sûr)...

Du côté de l'aéronautique encore...
Dieuzaide_005Jean Dieuzaide, une personnalité Toulousaine, qui a été le créateur et l'animateur à Toulouse de la Galerie municipale du Château-d'Eau, première galerie permanente de photographie en France, installée dans un ancien château d'eau (1824), au bord de la Garonne et au débouché du Pont-Neuf (Ce château d'eau alimentait en eau les fontaines de Toulouse!). Il voulait être pilote! Pour des raisons médicales, il ne pourra pas réaliser son rêve. Alors, il va photographier, la construction des avions, les usines Bréguet et Sud Aviations, les vols d’essais...
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, un effort de rationalisation du secteur du transport aérien et des industries aéronautiques françaises est engagé par Pierre Cot, ministre de l'Air. En effet, les industries souffrent d'une absence de capitaux. Alors que «la France a donné ses ailes au monde!», comme le proclame la publicité, la créativité s'est essoufflée depuis la Grande Guerre. En dépit d'une politique des prototypes promue par Albert Caquot, directeur général technique de l'aéronautique et des transports aériens, en versant des subventions aux constructeurs, peu de bons projets émergent. Les ingénieurs français se dispersent et se contentent le plus souvent d'améliorer des appareils restés en phase d'essais. L'armée de l'air française a subi le même déclin par manque de volonté politique et de crédits. Car le retard s'est creusé. Les avions Dewoitine D-500, Morane-Saulnier MS-225 et Loire 46 affichent des vitesses inférieures ou égales à 420 km/h. Le réarmement va faire naître d'excellents appareils comme le Lioré-et-Olivier 451, le Potez 631, les fameux Dewoitine D-520 et Morane-Saulnier MS-406, mais ils ne peuvent rattraper l'avantage acquis par la Luftwaffe.
Pierre Cot entreprendra bien de réorganiser le secteur et de moderniser l'outil de production, mais la thérapie de choc se révélera trop tardive. D'abord il donne naissance à une armée de l'air indépendante en avril 1933. Ensuite il juge que le principe d'une compagnie aérienne unique facilitera l'internationalisation de l'aéronautique française. Air Union, Air Orient, la Société générale de transports aériens et la Compagnie internationale de navigation aérienne sont associés au sein de la Société centrale d'expansion des lignes aériennes, la SCELA. Cette dernière rachète les actifs de l'Aéropostale, en liquidation judiciaire, pour devenir, par convention avec l'État français, Air France, qui est ainsi créé le 30 août 1933.
L'emblème d'Air Orient, l'hippocampe ailé, est désormais celui de la nouvelle compagnie. À la veille de la guerre, le réseau couvre près de 46 415 kilomètres contre 38 000 lors de sa création. Le réseau français s'inscrit au troisième rang mondial, juste après les États-Unis et l'URSS. Les lignes sont réparties entre quatre réseaux: continental, méditerranéen et oriental, africain, américain du Sud.
Grâce à son très beau témoignage photographique, Jean Dieuzaide nous fait revivre deux légendes de l’aviation des années 50 et 60: la caravelle et le concorde.

Jean Dieuzaide est né le 20 juin 1921 à Grenade-sur-Garonne en Haute-Garonne, comme mon grand-père. Il est mort le 18 décembre 2003. c'est le fils d’une famille modeste, issue de la région toulousaine mais dont le père l’a initié à la photographie, il débute son art peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il gagne sa renommée en captant le Général de Gaulle lors de sa venue pour la Libération de Toulouse. Il prend alors le pseudonyme de Yan et travaillera essentiellement dans le sud-ouest français, en Espagne et au Portugal. Il fait en particulier une série de clichés, restés célèbres, sur Salvador Dali. Il est honoré par le prix Niépce en 1955 et le prix Nadar en 1961.
Jean Dieuzaide a marqué l’histoire de la photographie, ses clichés de la Gitane ou son célèbre portrait de Dali ont fait le tour du monde. Ses images d’humbles, agriculteurs ou bergers, ont forgé sa réputation de photographe humaniste.

Caravelle et concorde ses deux amours, Jean Dieuzaide ne se lassait pas de de témoigner des prodiges de la technique et de la beauté de ces stars du ciel.
Il avait une préférence pour la Caravelle aux formes si pures et si douces. Il ne se lassait pas de photographier, lorsque les compagnies aériennes lui en donnait l’occasion, l’ange flottant au dessus des Pyrénées ou lors de l’atterrissage à Blagnac.
Concorde prit plus tard la suite de cette magie... Jean Dieuzaide ne quittera plus des yeux ce félin supersonique aux allures élancées. Les photos de ce livre retracent à merveille cette épopée, de la naissance de cet avion quasiment néo-gothique à la construction et aux vols d’essais.
Dieuzaide, qui signait aussi «Yan», est resté un admirateur fanatique de tout ce qui vole.
En témoignent dans cet album les clichés d’avions de tous types et de toutes tailles, du planeur au Concorde en passant par la Caravelle, le Languedoc et l’Armagnac, illustration vivante de sa passion pour la construction aéronautique et les manifestations aériennes.
Il a trouvé à Toulouse, terre d’envol, les meilleures opportunités pour saisir dans son objectif, du sol ou du ciel il était devenu un spécialiste de la photographie aérienne, les formes les plus étonnantes, les plus impressionnantes ou les plus poétiques de ces machines volantes qui l’ont tant fait rêver.
Dans cet ouvrage, qui raconte en images la fabuleuse histoire de la conquête de l’air et rend hommage aux hommes et aux (rares) femmes qui l’ont écrite, ce poète de la lumière livre son précieux regard d’esthète et d’illustrateur.